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Culture britannique : le cor anglais ou « English horn »

Parmi les instruments de la musique classique européenne, on trouve le cor anglais. Passionnant pour certains, amusant pour d’autres, cette variante de hautbois ne laisse pas indifférent. Voici une présentation du cor anglais, appelé « English horn » dans la langue de Shakespeare.

 

Histoire et origine du cor anglais

Le cor anglais appartient à la famille des instruments à vent, au même titre que le hautbois, la clarinette ou encore la flûte. C’est un instrument qui émet un son grâce à une anche double dans laquelle le musicien doit souffler. Les différentes notes sont possibles grâce à différentes touches fixées sur le long de l’instrument, que l’on appelle des « clés ».

Le cor anglais fut créé en France, au XVIIème siècle, par les grandes familles Hotteterre et Philidor, musiciens officiels à la Cour du Roi Louis XIV. Même si le cor anglais s’appelle « cor anglais », il n’a donc en réalité rien d’anglais : à l’origine, l’instrument ayant une forme originale et un peu courbée ressemblait à un hautbois avec un angle. On l’avait donc appelé le « cor anglé »… et par déformation de la langue, c’est devenu le « cor anglais » !

Le cor anglais est plus grand et plus grave en sonorité que le hautbois. Généralement, il y a seulement un ou deux cors anglais dans un orchestre professionnel, car c’est un instrument que les compositeurs aiment écouter en solo : tandis que l’orchestre joue une autre mélodie, le cor anglais se distingue par une ligne harmonique différente qui passera au-dessus des autres instruments. L’orchestre peut aussi s’arrêter, si le compositeur l’écrit ainsi, afin de donner la parole au cor anglais qui joue alors une partie tout seul, écrite sur la partition ou improvisée par le musicien.

Le cor anglais est aussi un instrument qui a beaucoup de succès en « musique de chambre » : la musique de chambre est un petit ensemble de musiciens, comprenant généralement entre 5 et 15 personnes, qui devaient historiquement agrémenter par la musique les salons des châteaux des rois, que l’on appelait les « grandes chambres ». La tradition remonterait à la Renaissance, sous François Ier, bientôt imité par les rois suivants et les aristocrates, qui aimaient danser et chanter sur les musiques des instrumentistes engagés pour leurs soirées. La coutume donnait du travail à de nombreux musiciens. Elle a perduré jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, jusqu’à ce que la Révolution bouleverse le système monarchique et réduise la demande d’emploi parmi les hautes sphères de la société.

Très souvent, la plupart des musiciens qui jouent du cor anglais sont d’anciens hautboïstes (joueurs de hautbois) qui ont choisi d’élargir leur gamme musicale. Il arrive ainsi fréquemment que le répertoire du cor anglais soit le même que celui du hautbois, joué de cette façon avec une sonorité différente.

 

Quelques œuvres écrites pour le cor anglais

Aujourd’hui, le choix revient aux hautboïstes : les œuvres écrites pour hautbois sont parfois jouées au cor anglais, lorsque le musicien sait jouer de cet instrument et s’il trouve la sonorité plus appropriée à la volonté du compositeur. Vous pouvez par exemple découvrir l’œuvre de Josef Fiala, compositeur né en Bohème et contemporain de Mozart, qu’il rencontra lors d’un voyage à Vienne : Concerto en Mi bémol Majeur pour cor anglais, interprété ici par Heinz Holliger, l’un des meilleurs interprètes actuels. Il y a aussi le Concerto en Do Majeur pour cor anglais et orchestre, magistralement interprété par Albrecht Mayer.

Il y a quelques extraits joués au cor anglais parmi les grandes œuvres du répertoire de la musique classique : Gioachino Rossini, par exemple, utilise le cor anglais dans la troisième partie de l’ouverture de son opéra intitulé « Guillaume Tell ». Dans la Symphonie Fantastique, Berlioz écrit un dialogue entre le cor anglais et le hautbois, jouant sur la proximité des sonorités des deux instruments. Giuseppe Verdi écrit une longue plainte pour le cor anglais dans la scène du somnambulisme de Macbeth, l’opéra composé d’après la tragédie de Shakespeare. Il y a aussi l’allemand Richard Wagner, qui écrit une mélodie qui revient plusieurs fois au cor anglais dans son opéra Tristan et Isolde, figurant la terre perdue d’Irlande que doit quitter Isolde.

Vous pourrez ainsi entendre le cor anglais dans plusieurs autres concertos et sérénades que les compositeurs de la musique classique ont écrits pour ce cousin du hautbois. En voici quelques exemples :

  • Le Concerto d’Aranjuez, composé par Rodrigo (le cor anglais y joue le solo, au début de l’œuvre),
  • Le Carnaval Romain, composé par Berlioz,
  • La Symphonie du Nouveau Monde, composée par Dvorak,
  • Le poème symphonique des Steppes de l’Asie Centrale, de Borodine.

Le compositeur de film John Williams choisit lui aussi le cor anglais pour jouer le solo du thème de La Liste de Schindler.

Enfin, moins connues car plus récentes, vous trouverez également le cor anglais dans les œuvres suivantes, que vous pourrez d’ailleurs écouter sur YouTube :

  • La Sérénade, opus 12, écrite par Raffaele d’Alessandro en 1936,
  • Autumn Legend, écrite par William Alwyn en 1954.

 

Bien qu’il ne soit pas d’origine anglaise, le cor anglais mérite d’être connu. N’hésitez pas à cliquer sur les liens recommandés dans l’article afin de le découvrir ! Enjoy !